Les changements d'horaires dégraderaient la qualité du sommeil

En changeant les habitudes de sommeil et d'éveil de souris, des chercheurs ont constaté une dégradation de la qualité de leur sommeil, même si elles rattrapaient les heures perdues le lendemain.

L'heure à laquelle on se couche serait plus importante qu'on ne le pense, suggère une étude américaine parue dans la revue Brain, Behavior and Immunity. En changeant les habitudes de sommeil et d'éveil de souris de laboratoires, des chercheurs de l'université d'état de Washington (États-Unis) ont noté une dégradation de la qualité de leur sommeil, même si elles rattrapaient les heures perdues le lendemain. Ce changement avait aussi des effets néfastes sur leur réponse immunitaire, les rendant plus enclins à développer des maladies. "Cette étude pourrait avoir d'importantes implications dans nos sociétés actuelles où nous décalons nos horaires de travail, voyageons et utilisons ordinateurs ou tablettes tard dans la nuit, au détriment de nos rythmes de sommeil", commentent les auteurs de l'étude.

Étudier conjointement la privation de sommeil et le rythme circadien - terme scientifique pour le cycle veille-sommeil - n'est pas évident car l'une a forcément des effets sur l'autre. Les chercheurs y sont cependant parvenus en construisant un modèle pour lequel le nombre d'heures de repos restait le même. Ils ont travaillé avec des souris, mammifères qui partagent la même horloge biologique de 24h que l'homme. Les scientifiques ont réorganisé leurs journées et leurs nuits pour passer à un cycle de 24h à 20h quotidiennes, forçant leur horloge biologique à se désynchroniser.

Quatre semaines après avoir mis en place ces nouveaux horaires de vie, on leur injecta de la lipopolysaccharide, une substance présente dans les bactéries et capable d'entraîner une maladie non contagieuse. Les souris dont les horaires avaient été perturbés développaient des réponses immunitaires soit émoussées soit hyperactives, ce qui montrait que leur capacité à lutter contre la maladie avait été contrariée. L'étude attribue cela au changement du cycle circadien, étant donné que les souris dormaient le même nombre d'heures par nuit pendant leur cycle de 20 heures.

Tout ne serait qu'une question de qualité de sommeil, précisent les scientifiques, parce que les rongeurs se réveillaient plus souvent lorsque leur rythme avait été changé et que leur activité cérébrale bénéficiait d'un repos réparateur moindre, toujours selon les résultats de cette étude. "Le caractère volatile des réponses immunitaires montre qu'une interruption du rythme circadien peut avoir de graves conséquences sur la santé de l'organisme", concluent les chercheurs.

Cet article a été publié le 9 septembre 2015 sur le site web de science et avenir, vous pouvez le retrouver en suivant ce lien.